KURZWEIL
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La série K2xxx de chez Kurzweil s’étant installée confortablement dans les studios et sur la
scène, voici le dernier venu, un clavier lourd nommé PC2x, Kurzweil se propulse avec délicatesse
sur scène. FUTURE MUSIC - JUILLET AOUT 2000
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Ce clavier lourd 88 notes et enfermé dans une coque métal toute aussi lourde. La beauté du
travail nous laisse découvrir une façade riche. La partie gauche s’adjoint l’inévitable
service des deux molettes de pitch et de modulation et de deux switches programmables, au-dessus de
ces mêmes molettes.
Quatre faders de contrôle s’occupent de quatre zones respectives. Par défaut, ces derniers
travaillent sur le Split, les volumes et autres paramètres dont on veut disposer sans tarde? Dans
cette même partie de la face avant, des boutons donnent accès à un égaliseur 3 bandes pour la
sortie générale, et à un chorus. Une panoplie de switches permet de passer aux différents modes.
ECHANGE TABLE D’ONDE CONTRE PCM
Les patchs de sons ont été remplacés par un set-up. Quatre sont disponibles et l’interne
servira de base pour la programmation. C’est dans le deuxième, dénomme” “set-up”, que l’utilisateur
enregistrera ses propres sons. Deux emplacements permettent d’augmenter le nombre de sons en y
connectant deux cartes ROM, pour passer de 256 sons à 512.
Le MIDI se programme de différentes façons. En entrant en mode global, on détermine les
paramètres de réception pour les messages de système. C’est ici que l’on initialise le PC2x
afin de retrouver les sons d’origine ainsi que les réglages d’usine.
Les paramètres de contrôleur comme la pédale de sustain ou encore le contrôle de souffle, qui
refait son apparition, se mettent hors ou en service dans ce mode. La partie d’édition des sons
perd toute l’ampleur habituelle de Kurzweil. La partie timbre propose, outre le type de LFO? une
assignation des sons qui formeront un set-up. Plusieurs filtres, selon le type de son, affectent le
timbre, une fréquence ou une résonance non calculée en fréquence.
FASHION VICTIME ?
On peut travailler selon trois modes : multitimbral 4 parts, clavier - qui fait jouer les 4 zones
sur un même canal MIDI ou KB3. Dans celui-ci, le PC2x s’utilise comme le fameux B3 : les faders
des zones jouent un rôle de “bar pipe”. On retrouve vite les sons qui ont fait la gloire du
Hammond. Le contrôleur ribbon en option donnerait un accès plus approfondi à la nature des sons d’orgue
: dommage que l’on n’en ait pas eu un pour vérifier ces dires.
Quant au mode multi, il propose des sons répartis sur 8 banques de 16. Les pianos passent du
classique au western, les sons de clavier sont riches et bien électriques tandis que les cuivres
sont convaincants mais manquent de profondeur. Quelques basses “analogiques” et électriques
combleront les oreilles averties. Les kits de batterie manquent d’originalité et les kits
électro font davantage penser à un kit rock. Les désormais inévitables TR-808/909, réunies dans
un même kit, sembleraient être pris à la va vite. Les ingénieurs n’écouteraient-ils pas de
musique? Les pads et nappes, qui sont l’un des points forts de Kurzweil, rehaussent le niveau et
lui font honneur, ouf. Passer quelques instants à programmer le PC2x permet de constater qu’il
offre des possibilités non négligeables. La dynamique est au rendez-vous et l’absence de souffle
évitera de salir un bon mix pour une prise de son un peu difficile.
EFFETS ET INSERTS
Deux sections effets sont irréprochables et regorgent d’originalités. Les réverbes comme les
halls et rooms, sont fines et profondes. Les différents chorus/flanger rajoutent un grain gras
presque sale, limite “analogique”. Les délais sont propres et classiques, tout comme l’écho.
Quelques effets combinés disposent jusqu’à 7 effets. Les paramètres sont complets et les
feedback sont à prendre avec délicatesse. Une inversion de phase enrichit les possibilités, il
est rare d’écouter un paser convaincant: ici, il tient son rôle et rappelle ces vintages qui
sonnaient plutôt comme un filtre, il est difficile de les passer tous en revue, mais on n’en
dénombre pas moins de 395 dans la section A. La section B sert aux inserts, et c’est ici que l’on
trouve compresseurs et autres effets d’égaliseur, filtres et surtout quelques inserts tout droit
sortis de l’imagination.
Les distorsions granulent à souhait et l’on peut choisir entre une distorsion de type lampe et
une classique. Une légère différence se fera entendre dans le bas du spectre, pour parler
technique. Ce multi-effet bénéficie des contrôles temps réel et on peut assigner un paramètre
par fader et par switch. Les niveaux entre le son direct et les effets se programment en
pourcentages et servent de base pour tout contrôle en temps réel.
LE JEU ET LA CHANDELLE
Destiné au jeu de scène, le Kurzweil permet de programmer la réponse à la vélocité sur 128
valeurs. Un offset de vélocité accompagne les différentes courbes. Les paramètres de jeu son
programmables, comme le choix de scaling du clavier, le point de Split ou le mode layer.
Un arpégiateur complète la panoplie : les classiques hold, random, up and down joueront les
notes de la noire à la triple croche et il est possible de synchroniser l’arpégioteur au MIDI.
Les incontournables prises MIDI remplissent leur rôle : toute action sur le PC2x entrîne l’envoi
ou la réception de messages.
Certains paramètres se programment par la saisie sur le pavé numérique, et une molette jog
sans fin sert à la plupart des modifications. Il faut cependant penser à confirmer ou annuler
certaines saisies si l’on veut passer d’une page à l’autre. Ce clavier est d’une réelle
qualité et sa fabrication reste à la hauteur de la réputation de la marque.
Les quelques prises pour pédale se trouvent à côté des prises stéréo et des 3 prises MIDI.
Une prise de sortie numérique se connecte sur toutes les consoles munies de cette même prise. Le
choix entre format professionnel ou consommateur est une option qui vous est proposée dans le
paramètre global. Vous pouvez demander de calculer le shaping et de choisir la résolution de 16
bits à 24 bits. Le petit plus : un réglage de contraste vous évitera de vous abîmer les yeux.
REACTION
Comparer un Kurzweil à un autre clavier est toujours une chose difficile, mais ici, avec le
PC2x, la tâche est plus facile. Nous n’avons pas été surpris par la qualité : elle a fait ses
preuves et ne fait pas défaut. Le travail sur les sons d’usine démontre une connaissance du
domaine sonore : l’image stéréo est large, profonde et cette ampleur envahit vite un mix si l’on
n’y prend pas garde.
Si l’on considère le souhait de la marque d’occuper une autre place que celle des studios,
il lui reste quand même quelques efforts à fournir. L’écoute de certaines banques tend à faire
croire qu’elles ont été faites par une équipe ayant pour habitude de gaver le clavier de
banques vieillissantes et standard.. Espérons que les extensions ne fourniront pas 48 Mo de
standards : un clavier n’est pas une compilation.
Nous regrettons un poids excessif pour une machine qui demande à être transportée. La prise en
mains est rapide si l’on s’en sert tel quel. L’absence de manuel au moment de notre banc d’essai
nous a démontré que, si l’on veut aller plus loin, le PC2x manque de simplicité et il est
désagréable de tourner en rond avant de comprendre une architecture mal exploitée. Il n’est
pourtant pas dans les habitudes de Kurzweil de dérouter ses utilisateurs.
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